Nunzio : un véritable régal de théâtre au Sorano

Publié le 06/02/2014 à 03:51 (Dépêche du Midi)

vu au Sorano

Du 06/02/2014 au 08/02/2014

Denis Rey et Olivier Jeannelle dans un duo tendre et grinçant./Photo Benoît Chatellier

Denis Rey et Olivier Jeannelle dans un duo tendre et grinçant./Photo Benoît Chatellier

Entre mélodrame et réalisme, «Nunzio», présenté au Sorano à partir de ce soir et jusqu‘à samedi sur un texte de l’Italien Spiro Scimone, est un vrai petit bijou…

Un appartement un peu sordide, une radio qui distille des nouvelles sans importance en italien, du linge qui sèche devant un antique radiateur, un évier sale et sur la table, des reliefs de repas… Un personnage entre, en robe de chambre et pyjama et se poste devant la fenêtre…

C’est Nunzio, un ouvrier victime d’émanations toxiques dans l’exercice de son travail à l’usine. Nunzio est en proie à d’interminables accès de toux qu’il essaie d’endiguer à coup de prières et de pilules que lui a donné son patron «parce qu’il l’aime». Enfin, arrive le second larron : Pino, le colocataire du premier dont on ne saura jamais qui il est vraiment, ni comment il gagne sa vie… Serait-il missionné par la mafia ? On peut l’imaginer à la lumière des mystérieuses lettres qu’il reçoit, de sa crainte que lui inspire un mystérieux passant et de l’argent qui lui est remis, toujours anonymement, pour accomplir une mission au Brésil…

L’auteur Spiro Scimone est sicilien. «Il ne parle jamais de la mafia dans ses pièces, mais elle est omniprésente», confie Olivier Jeannelle, acteur et metteur en scène de cette pièce, présentée au Sorano à partir de ce soir et jusqu’à ce samedi 8 février.

Brutalité et tendresse humaine

Nunzio (Denis Rey) n’a guère d’espérance de vie, tout porte à le croire, et pourtant, la vie, il l’aime, Nunzio ! Il est fou des pâtes à la tomate et au piment rouge que lui confectionne (en direct), son copain, des voyages qu’il ne fera jamais avec ses économies et des femmes en minijupe qui se baladent sur les grands boulevards…

Cette création, à la fois rugueuse pleine de tendresse, de poésie, de complicité entre deux personnages en marge du monde, est un bijou de théâtre, une perle.

Le jeu d’Olivier Jeannelle et Denis Rey est d’une parfaite justesse. Ils incarnent avec une alternance de brutalité et de tendresse humaine pour l’un et de fragilité pour l’autre, ces sans-grade qui se débattent pour survivre dans la jungle des villes et dont la vie ne compte pour rien. Les deux comédiens sont touchants, justes, émouvants… Formidables en un mot !

 «Nunzio» a été présenté mardi et mercredi en appartement et sera également joué aujourd’hui au lycée Guynemer à Toulouse.

 

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par SYLVIE LAURE RODRIGUEZ le 07 févr. 2014 à 14:28

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